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Fog sur Pékin, une chance pour la planète ?

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L’utilisation massive du charbon provoque en Chine pollution permanente et prise de conscience. Stefan Ambec met en avant l’influence majeure des problèmes locaux sur les engagements internationaux des nations.

16 septembre 2015 imprimer en PDF

La Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète s’est engagée à réduire ses émissions à partir de 2030. Pour parvenir à diminuer sa dépendance au charbon, le pays a mis en place un plan volontariste avec des objectifs et des moyens dédiés, notamment un investissement massif dans l’éolien et dans l’efficacité énergétique. Ces annonces pourraient donner un signal fort au niveau des négociations mondiales, estime l’économiste Stefan Ambec, spécialiste des politiques environnementales. "Nous avons besoin de leadership pour ces négociations. Une telle annonce pourrait inciter les entreprises à se tourner vers des énergies alternatives", juge-t-il.

Mais le chercheur souligne que si la Chine a pris une telle décision, c’est bien davantage pour réduire les pollutions de particules fines dans l’atmosphère de ses villes, où le problème est devenu un enjeu majeur de santé publique, en particulier à proximité des centrales au charbon, que par conscience de la nécessité de préserver un bien commun à l’échelle de la planète, pour les générations futures. La récession économique qui frappe le pays contribue aussi dans l’immédiat à une stagnation des émissions polluantes.
 
Objectifs environnementaux contradictoires

Dans ses recherches, Stefan Ambec analyse plus généralement les interactions entre les politiques globales et locales en matière de lutte contre les pollutions. Inciter par exemple à remplacer les voitures diesel par des véhicules à essence diminue les pollutions locales par les particules mais génère une augmentation des émissions de CO2. De même, la pose de filtres sur les cheminées des centrales à charbon pour réduire les pollutions soufrées oblige à une dépense énergétique supérieure et accroît aussi les émissions de CO2.

À l’inverse, le recours accru à la biomasse par exemple, diminue les émissions de CO2 mais accroît d’autres émissions polluantes. Ainsi selon les technologies adoptées, les objectifs environnementaux à court et long termes, locaux ou internationaux, sont ou non alignés.

Mais la question n’est pas que technologique. Selon ses modalités, un accord international destiné à limiter les émissions de CO2 aura ou non des effets positifs en matière de pollutions locales.
 
Une question technologique et juridique

"Si, par exemple, les pays savent à l’avance qu’à l’issue d’un éventuel accord, on leur permettra d’émettre d’autant plus de C02 que les investissements nécessaires à une diminution de ces émissions sont coûteux, ils auront tendance à ne surtout pas agir avant la signature de cet accord, à continuer à utiliser du charbon jusqu’au dernier moment, avec des effets pervers sur les pollutions locales si l’accord tarde à entrer en vigueur. En revanche, si l’accord prévoit de taxer les émissions de C02 uniformément, ils seront incités à agir tout de suite", explique Stefan Ambec.

Les projets de régulation étudiés aujourd’hui pour lutter contre le réchauffement climatique devront tenir compte de ces enjeux locaux qui compliquent la donne. C’est pour éclairer les choix à venir que Stefan Ambec et sa collègue Jessica Coria de l’université de Göteborg en Suède, viennent de consacrer un article de recherche à ces interactions complexes entre politiques environnementales internationales et locales.
 

Stefan Ambec

Directeur de recherche à l’INRA Toulouse, membre du Laboratoire d’économie des ressources naturelles (Lerna) au sein de Toulouse School of Economics et membre de l’Institut d’Economie Industrielle (Idei), Stefan Ambec étudie l’efficacité des politiques environnementales, leurs propriétés en terme d’équité, leur impact sur les stratégies d’entreprises, sur le comportement et le bien-être des citoyens.
Outre les liens entre pollution atmosphérique et changement climatique, il a travaillé sur des questions très diverses, notamment l’utilisation des ressources en eau, la production d’électricité, l’usage des pesticides ou la localisation des activités polluantes.

 

Enjeux locaux et engagement pour le climat

Le haut niveau de pollution des villes chinoises incite le pays à agir. Mais les objectifs nationaux et internationaux sont-ils parfaitement alignés ?
 
 


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