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L’informatique, choix gagnant à Toulouse

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L’informatique est un secteur réputé très masculin. Mais c’est une femme qui dirige l’école doctorale de mathématiques, informatique et télécommunications (MITT) de Toulouse. Elle coordonne des recherches aux applications multiples, de la biologie à l’aéronautique ou au traitement de grandes masses de données.

8 mars 2017 imprimer en PDF

Chantal Soulé-Dupuy est avant tout une femme de terrain. Si elle dirige depuis janvier 2016 l’école doctorale de mathématiques, informatique et télécommunications (première femme à ce poste), il faut savoir que la chercheuse de 57 ans a démarré son parcours par un DUT de statistiques, avant de suivre une maîtrise Miage à l’Université Toulouse Capitole, puis un DEA en Informatique à l’Université Paul Sabatier. C’est d’ailleurs dans le privé, chez Sanofi, qu’elle décrochera son premier emploi, avant de se diriger rapidement vers l’enseignement et la recherche.

La jeune femme a la chance de participer dans les années 80 et 90 à l’essor de la micro-informatique et d’Internet. « Pendant ma scolarité à l’IUT, on n’utilisait pas encore de PC. Lorsque j’ai soutenu ma thèse en 1990, c’était l’époque du Minitel et des modèles précurseurs de Google », rappelle-t-elle. Native de Toulouse, la chercheuse a pu réaliser ensuite presque tout son parcours et sa carrière dans la Ville rose grâce à ses spécialités : les systèmes de recherche d’information et les mécanismes d’indexation et d’interrogation.

Approche entreprenariale

La routine, très peu pour elle. Enseignante en informatique depuis 1990, ce n’est pas un hasard si elle a choisi une discipline dans laquelle « on est obligé d’évoluer. Nous jouons beaucoup sur les innovations pédagogiques, et la matière en elle-même ne permet pas de ronronner ».

Rien ne plaît plus à l’enseignante-chercheuse, que de s’adresser dans ses cours à des publics variés, et pas seulement à des informaticiens. « Nous nous entendons bien au sein de l’UFR (qui compte une trentaine d’enseignants, ndlr) et nous tournons pour nous répartir les cours. J’aime cette polyvalence des enseignements, pas forcément liés à nos thématiques de recherche ».

Dans son rôle de directrice de l’école doctorale MITT, Chantal Soulé-Dupuy a une approche « entreprenariale », qu’on a peu l’habitude de voir à l’université française. Elle apprécie d’être au croisement de l’enseignement, de la recherche, de l’administration, et régulièrement en lien avec le monde des entreprises pour les contrats doctoraux.  « J’ai une décharge de 50 heures par mois pour m’occuper de l’école doctorale, mais cela me prend un bon mi-temps, entre les recrutements, les entretiens à mi-parcours et l’organisation des soutenances de thèses », explique-t-elle.

Panorama sur la recherche

Avant d’arriver à la tête de l’école doctorale, elle avait tenu les rênes de l’UFR d’informatique de l’Université Toulouse Capitole pendant dix ans. À ce poste, rarement occupé par les femmes, elle se souvient avoir essuyé quelques réflexions sexistes. « À la fin du deuxième mandat, je ne voulais pas m’engager dans de nouvelles responsabilités administratives. La direction de l’IRIT recherchait un directeur adjoint à l’école doctorale. J’ai d’abord dit non. Mais la personne nommée a dû partir, et j’y suis donc allée ».

Chantal Soulé-Dupuy apprécie aujourd’hui le panorama sur la recherche que lui offre ce nouveau poste. « Nous sommes la seule école doctorale co-accréditée par tous les établissements toulousains. J’ai des interlocuteurs variés, cela nécessite beaucoup de diplomatie. Dans mes interactions avec les directeurs de thèses et pour l’attribution des bourses, je n’ai pas l’impression qu’être une femme joue en ma défaveur », assure-t-elle.

Promouvoir les thésards

Chantal Soulé-Dupuy milite pour une meilleure reconnaissance du doctorat, qui vient seulement cette année d’être intégré au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). « Le fait que Bac+5 soit considéré comme le diplôme de niveau 1 en France est atypique. Les écoles d’ingénieur agissent comme un lobby en ce sens. On a encore en tête ici l’image du chercheur « professeur Nimbus », alors que les docteurs sont portés au pinacle dans l’industrie en Allemagne ou aux Etats-Unis par exemple. Je prône la thèse comme un contrat de travail de trois ans. La principale avancée se joue à cet endroit », explique l’informaticienne.

Pour cela, Chantal Soulé-Dupuy rencontre les représentants des branches professionnelles, le MEDEF, via les ministères de la recherche et de l’enseignement supérieur et de l’industrie, et via l’agence nationale de la recherche et de la technologie (ANRT).

« Avant, l’on formait les doctorants pour des carrières académiques. Il faut désormais que l’accompagnement du directeur de thèse se poursuive jusqu’à l’insertion professionnelle. 70 % des membres de notre école doctorale travaillent ensuite dans l’industrie ».


Chantal Soulé-Dupuy en trois dates

1990 : elle soutient sa thèse

2002 : elle devient professeur

2016 : elle prend la tête de l’école doctorale MITT pour cinq ans



Une école doctorale commune aux établissements toulousains

L’école doctorale de Mathématiques, Informatique et Télécommunications de Toulouse (MITT) réunit des chercheurs de l’Université Paul Sabatier, de l’INSA de Toulouse, de l’Institut National Polytechnique de Toulouse, de l’Université Toulouse Capitole, de l’Université Jean-Jaurès et de l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace (ISAE). Plus de cent vingt thèses de doctorat sont soutenues chaque année au sein de la structure.



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