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Pédagogie : expérimenter pour progresser

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Des outils innovants sont testés et de nouvelles méthodes d’enseignement mises en place à l’Université Toulouse Capitole, qui place désormais l’innovation pédagogique au cœur de sa stratégie. Objectif : plus d’interactivité, de motivation… et de mémorisation.

6 décembre 2016 imprimer en PDF

Baisse de concentration et de motivation, absentéisme… L’attention des nouveaux publics étudiants est difficile à capter. Afin d’améliorer la qualité de leurs apprentissages, l’université développe des méthodes plus interactives, en particulier pendant les cours en amphithéâtre.

Au sein de l’École d’Économie-TSE, plusieurs enseignants proposent ainsi désormais régulièrement de petits questionnaires à choix multiples pendant leurs cours en grands groupes. Les étudiants répondent à chaque question en brandissant un carton de couleur et les résultats, photographiés par le professeur à l’aide d’un smartphone, sont analysés immédiatement grâce à une application baptisée Votar. L’enseignant voit ainsi en temps réel si la compréhension est satisfaisante.

Smartphones en amphithéâtre

Formée en tant que conseillère pédagogique, Pascale Zaraté, professeur d’informatique a expérimenté d’autres outils favorisant également l’interactivité. Des boîtiers ont été distribués dans des amphithéâtres de 100 personnes. Reliés par ondes radio à une clé USB, ils permettent de recueillir les réponses des étudiants et de les projeter en direct au-dessus du tableau. « La méthode, inventée par un professeur de Harvard dans les années 1990, est ludique. Elle stimule les étudiants. Grâce à l’anonymat, ils n’ont plus peur de répondre. Ils viennent davantage en cours», affirme Pascale Zaraté, qui a formé plusieurs collègues de la faculté d’informatique à cet outil, initiant également à la rentrée dernière, une dizaine d’enseignants de l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) à l’utilisation des smartphones pour rendre leurs cours plus interactifs.  « Grâce à ces méthodes, l’enseignant adapte le déroulé en fonction de l’auditoire. Il rythme aussi davantage ses interventions. Des séances de questions-réponses peuvent par ailleurs permettre de structurer une séance de révisions», analyse Pascale Zaraté. Pas un luxe lorsque des études convergentes montrent que l’attention des étudiants a besoin d’une nouvelle stimulation toutes les 18 minutes pour se maintenir.

Cours hybrides

Les expérimentations sont très diverses. Grégory Kalflèche, professeur de droit public, utilise par exemple le réseau social Twitter (@GKalfleche) pour interagir avec ses étudiants. Valère Ndior alimente depuis 2011 un blog, « Le droit international expliqué à Raoul », qui remporte un grand succès avec ses billets pratiques et ses articles de fond.

La recherche de nouvelles méthodes concerne de plus en plus d’acteurs de l’enseignement supérieur comme l’ont montré les multiples initiatives présentées au printemps dernier, lors de la deuxième édition des Journées de l’accompagnement pédagogique dans l’enseignement supérieur. Depuis l’arrivée de sa présidente Corinne Mascala, ce chantier est devenu une priorité stratégique pour l’Université Toulouse Capitole. Dès la rentrée 2016, un groupe de travail composé d’enseignants et d’étudiants, a été constitué au sein de la Commission Formation et Vie Universitaire pour avancer sur ce sujet.

Un soutien des actions existantes tels les QCM interactifs a été décidé. Les cours hybrides de la Faculté de droit, mêlant cours magistraux et exercices d’auto-évaluation en ligne sur la plateforme Moodle, ont suscité également un vif intérêt.

« Le dispositif a été mis en place voici trois ans dans le M1 de Droit et a montré sa pertinence. Nous souhaiterions l’étendre progressivement aux autres composantes », note Marie Bassano, professeur des universités en histoire du droit et des institutions, chargée de mission pour l’innovation pédagogique et l’évaluation des enseignements.
 
Accompagnement personnalisé des enseignants

L’accompagnement des enseignants est aujourd’hui une priorité de l’université. « Nos ingénieurs pédagogiques se concentraient sur les nouveaux outils numériques, agissant pour promouvoir leur utilisation. Depuis deux ans, leur mission s’oriente vers cet accompagnement aussi personnalisé que possible», précise Marie Bassano.

Les initiatives de terrain sont là aussi nombreuses. Le  Département Langues et Civilisations a ainsi lancé il y a deux ans le module « Teaching in english », pour aider les enseignants non bilingues à améliorer la qualité de leurs cours en anglais. Il est aujourd’hui question d’organiser des permanences sur ce thème dans chaque composante de l’université.

Pour promouvoir les cours en anglais, des rencontres entre enseignants partageant le même questionnement, sur le modèle des Cafés pédagogiques déjà proposé par la Faculté Informatique, sont également envisagées. Les attachés temporaires ATER et les jeunes vacataires bénéficieront par ailleurs d’heures de formation pédagogique avec l’École doctorale à partir de cette rentrée.

 « L’enjeu est aujourd’hui de coordonner les initiatives éparses et de leur donner des moyens et de la reconnaissance », affirme Marie Bassano.
 

Un service dédié à l'innovation pédagogique

L’équipe Ticea a pour mission de développer l’utilisation de méthodes et outils pédagogiques favorisant la réussite des étudiants, grâce à un accompagnement des enseignants et formateurs. Constituée de trois ingénieurs conseillers pédagogiques formés en sciences de l'éducation et de deux assistants ingénieurs en informatique, elle intervient également pour concevoir des enseignements et formations « hybrides », mêlant cours à distance et en présentiel.
Créée voici plus de 15 ans, l’équipe était au départ essentiellement chargée d’aider à l’intégration des nouvelles technologies dans l’enseignement. La fonction de conseil pédagogique s’est ajoutée en 2016.
 

 

Rentrée 2018 : les nouveaux maîtres de conférence formés à la pédagogie

Un décret paru en mai 2017 instaure une obligation d’accompagnement des maîtres de conférences stagiaires pendant leur première année, avec une "formation visant l'approfondissement des compétences pédagogiques nécessaire à l'exercice du métier". Le décret prévoit une décharge de 32 heures (un sixième du service d'enseignement) durant cette première année, puis 32 autres heures sur les cinq années suivantes, pour assister à des colloques, des conférences, participer à des Mooc, etc. Le dispositif entre en vigueur à la rentrée 2018 et couple formation à l’usage des outils numériques et à la pédagogie.
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