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Sylvia Pinel, promotion 2000

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Avant d’entrer en politique, la Ministre de l’Artisanat, du Commerce, et du Tourisme était étudiante en droit à Toulouse. Interview d’une fille d’agriculteur du Tarn-et-Garonne, "promue grâce à l’École et l’Université publique".

1 octobre 2013 imprimer en PDF

Comprendre pour entreprendre : Vous avez étudié à Toulouse 1 Capitole entre 1995 et 2000. Quels souvenirs marquants gardez- vous de cette période ?

Sylvia Pinel : Je suis vraiment un pur produit de l’école républicaine. Mon père était éleveur, ma famille très modeste. Je suis la seule à avoir suivi des études supérieures. L’existence d’un Centre Universitaire à Montauban a été pour moi un vrai plus. Je pouvais continuer à loger chez mes parents sans perdre de temps en transports.  
La promotion ne comprenait qu’une centaine d’étudiants. Nous étions bien encadrés. J’ai pu acquérir ainsi de bonnes habitudes de travail. 

Je me suis inscrite à Toulouse l’année suivante car le Centre de Montauban ne proposait alors que la 1ère année de droit. J’habitais toujours dans le Tarn-et-Garonne.Je gagnais ma vie en faisant des surveillances dans mon ancien collège. Et je faisais des allers-retours. Du coup, ces années toulousaines ont été plus minutées et  studieuses que festives.

Je me rappelle du jardin dans le cloître de l’Université, des promenades sur les berges de la Garonne, avec cette lumière et ces couleurs si particulières qui me manquent aujourd’hui à Paris. L’Université était un milieu assez protégé, chaleureux. Mais mes souvenirs, ce sont surtout de longues heures passées à la bibliothèque. Le droit m’a vite passionnée. J’ai gardé des contacts avec Bernard Beignier qui a dirigé ma maîtrise « Carrières juridiques et judiciaires » (M1)  et mon DESS « Contentieux et arbitrage » (M2). J’ai complété ensuite mon cursus par un DEA en droit fondamental et européen à Limoges. J’ai obtenu le prix du meilleur mémoire en défense au Concours International des droits de l’Homme René CASSIN, puis démarré ma carrière en 2002 au cabinet du Président du Conseil Général du Tarn-et-Garonne.
 

Vous êtes aujourd’hui Ministre du Tourisme. C’est un secteur économique majeur, qui emploie deux millions de Français. Mais la concurrence internationale est croissante. La dernière saison a été décevante, surtout en Midi-Pyrénées. Comment  dynamiser l’offre touristique française ?

Les intempéries qui ont frappé Lourdes ont pesé sur la saison d’été 2013, mais il y a eu des contrastes importants entre les différents territoires de la région Midi-Pyrénées. Les difficultés proviennent surtout de la désaffection de la clientèle d’Europe du Sud et singulièrement espagnole qui est d’ordinaire fidèle mais souffre fortement de la crise économique. Les initiatives prises par la Région pour attirer l’attention sur les Grands Sites ne doivent pas être remises en cause. Elles vont permettre d’attirer une clientèle internationale plus large. Cet engagement portera ses fruits, j’en suis convaincue.

Au niveau national, le Ministère a mis en place une politique de « contrats de destination », avec l’objectif de fédérer l’ensemble des acteurs du tourisme, publics et privés, au niveau des territoires, autour de thématiques identifiées comme attractives par des clientèles spécifiquement ciblées. Nous savons par exemple que les Britanniques apprécient le tourisme fluvial et de plaisance, et le tourisme rural aussi. L’enjeu est de leur proposer une offre structurée et d’organiser une communication adaptée. Deux contrats ont été signés l’été dernier, dans le Tarn-et-Garonne et en Alsace. D’autres sont en préparation.
 

Vous avez souhaité encadrer davantage le statut d’auto-entrepreneur qui concerne aujourd’hui près de 900 000 Français, la moitié exerçant vraiment une activité. Quels sont vos objectifs ?

Dans plusieurs secteurs économiques, des personnes sont contraintes à l’auto-entrepreneuriat alors qu’elles aspirent au salariat, et qu’en réalité elles travaillent pour l’essentiel pour un ou deux clients. Elles ne bénéficient pas d’indemnités chômage si leur contrat est rompu. Elles cotisent peu pour leur retraite. Ce sont ces situations que je souhaite combattre.

L’auto-entrepreneuriat est une solution attractive pour les gens qui veulent seulement un revenu complémentaire. Mais il faut inciter tous ceux qui ont le potentiel pour développer leur activité à créer des entreprises classiques. C’est pourquoi j’ai voulu instaurer un meilleur accompagnement des auto-entrepreneurs qui ont la possibilité de se développer. Mais mon rôle en tant que Ministre de l’Artisanat est beaucoup plus vaste. J’ai lancé au début 2013 un Pacte pour l’Artisanat qui concerne en France trois millions d’actifs. Nous avons des savoir-faire de très grande qualité, mais beaucoup se perdent. Il faut encourager les jeunes à prendre le relais, et promouvoir ces savoir-faire à l’international.
 

Sylvia Pinel

Benjamine de l’Assemblée Nationale lors de son élection en 2007, réélue en 2012, Sylvia Pinel est Ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme du gouvernement Ayrault. Agée de 36 ans, elle est également vice-présidente du Parti Radical de Gauche.



Le centre universitaire de Montauban

Créé en 1994, le centre de Montauban accueille aujourd'hui 900 étudiants, dans des antennes émanant désormais des trois universités toulousaines. Dans le domaine des sciences sociales, les étudiants peuvent y mener aujourd'hui une scolarité complète jusqu'à la licence de droit ou à la licence d'Administration Economique et Sociale. L'Université Toulouse 1 Capitole y propose également en partenariat, des formations spécifiques adaptées au marché de l'emploi local : les licences professionnelles "Acheteur industriel", "Management européen d'une station fruitière et légumière", et "Gestion d'une unité commerciale, spécialité Produits alimentaires".
Universit� Toulouse 1 Capitole
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