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Un cursus AES pour développer la francophonie au Vanuatu

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L’archipel de 83 îles a subi des dégâts humains et matériels lors du passage du cyclone Pam le 13 mars. Présente depuis 2013, l’université y poursuit l’implantation d’une filière AES et développe des projets pédagogiques.

9 juin 2015 imprimer en PDF

L’Université de Toulouse a été immédiatement avertie du passage du cyclone Pam au Vanuatu, le 13 mars dernier, qui a causé 13 morts. "Nous avons été rassurés qu’il n’y ait aucun blessé parmi les étudiants. Mais certains ont tout perdu. Quelques dégâts ont eu lieu dans l'un des bâtiments de l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), où nous dispensons nos cours, à Port Vila. Une salle de classe toute neuve a été dévastée par l'eau", affirme Francis Quérol, le doyen de la faculté d'administration et de communication, qui a une antenne dans cet archipel du Pacifique depuis 2013.

Lorsqu’il s’est rendu au Vanuatu quelques semaines après la catastrophe, les fleurs refleurissaient déjà dans le jardin et la maison des étudiants était reconstruite. "Après une semaine d’interruption des cours, nous avons pu reprendre. Nous avons remplacé le contrôle terminal du premier semestre par du contrôle continu", explique le doyen.
 
Former les cadres vanuatais

L’administration publique du Vanuatu, a souhaité, en 2012, l'ouverture d'une formation universitaire francophone sur l’archipel et s’est appuyée sur l’ambassade de France et l’AUF. Seule une université anglophone privée proposait, jusqu'ici, un cursus d’enseignement supérieur, alors que dans cet ancien condominium franco-britannique, indépendant depuis 1980, 30% de la population parle français.
 
C'est la faculté d’administration et de communication de l'Université Toulouse 1 Capitole, qui a remporté l’appel à candidature en proposant une licence AES (administration économique et sociale). Ouverte en avril 2013, celle-ci verra, en novembre prochain, sa première promotion, de 35 étudiants présenter l’examen final de licence. À la rentrée de février 2015, ils étaient 93 inscrits de la L1 à la L3." L’AES est ce qui répondait le mieux à leurs besoins, explique Francis Quérol, afin de former de manière pluridisciplinaire les cadres du secteur public et privé qui, jusqu’à présent, n'ont souvent aucun diplôme ".

Une dizaine d'enseignants d’UT1C se rendent une à deux fois par an au Vanuatu, pour dispenser des cours. Marc Menou, maître de conférences en sciences économiques et responsable pédagogique de la licence, tisse un réseau avec les entreprises et les administrations locales. "L'an dernier, 18 entreprises et administrations ont reçu nos étudiants en stage : banques, entreprises de gestion ou de comptabilité, fabrique de bière locale, entreprise de distribution de l'eau, agence immobilière, mais aussi municipalité de Port Vila, ministère de l'Education, ou encore banque centrale", explique t-il. "Je propose le même cours qu’à Toulouse, mais adapté au droit et aux institutions du Vanuatu", précise Michèle Boubay-Pagès, maître de conférences en droit administratif.
 
Toucher plus largement la population

Côté pédagogique, des projets sont à l’étude. Il est important d’aider les locaux à organiser la formation de leurs compatriotes afin de leur permettre d'accéder à un diplôme ou de valider leurs expériences.

Pour toucher plus largement la population vanuataise, le responsable pédagogique demande à ses collègues de donner des conférences publiques et prévoit de monter un ciné-club animé par les enseignants.

Michèle Boubay-Pagès planche, quant à elle, sur un colloque international, qui aura lieu en février 2016, sur le thème "Le Vanuatu : oscillation entre diversité et unité". Des économistes, des juristes, des historiens et des sociologues y participeront. Ce colloque devrait amener les autorités locales à créer une Maison de la recherche au Vanuatu, et déboucher sur la création d’une université publique francophone de plein exercice. "Les défis sont nombreux, mais tout va surtout dépendre des possibilités financières", explique Francis Quérol.



Qui finance cette formation ?

Pour cette licence, les financements proviennent des frais d’inscription des étudiants, de l'aide du gouvernement du Vanuatu et aussi du territoire de Nouvelle Calédonie. Après le passage du cyclone Pam, la région Midi-Pyrénées a débloqué 10 000 euros par solidarité. L’université a également envoyé 5000 euros, ainsi qu'une dizaine d’ordinateurs portables pour les étudiants.

Toulouse Capitole présente aussi au Vietnam

L’Ecole d’économie de Toulouse proposait une licence à Hanoï, jusqu’en 2014. C’est la faculté d’administration et de communication, qui a repris le flambeau. TSE organise aujourd’hui un master d’économie à Ho Chi Minh ville.
Les étudiants vietnamiens peuvent également suivre à Hanoï une formation de droit international des affaires.
 
Universit� Toulouse 1 Capitole