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Aéronautique : gérer l'expansion

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Airbus vise plus de 800 commandes en 2013. Une montée en puissance programmée. Très organisée. Interview de Daniel Salvador, Vice-président Ressources Humaines d’Airbus et EADS et ancien élève de Toulouse 1 Capitole.

28 juin 2013 imprimer en PDF

Comprendre pour entreprendre : Le début d’année 2013 a été faste pour Airbus. Comment l’entreprise va-t-elle orchestrer sur le plan humain la nécessaire augmentation de l’activité ?

Daniel Salvador :
Nous sommes heureux et fiers des commandes enregistrées au 1er semestre, notamment des 234 avions pour la compagnie indonésienne Lion Air, qui constituent un record. Nous avons obtenu également des commandes importantes au Salon du Bourget. Mais les plans de production sont toujours organisés sur plusieurs années. La montée en puissance est progressive. Il y a dix ans, nous livrions 450 avions par an, il y a trois ans, 550. Nous devrions dépasser les 600 en 2013. Nous sommes donc déjà sur des niveaux de recrutement important. Près de 12 000 nouveaux venus ont rejoint Airbus depuis 3 ans, pour un total d’environ 60 000 salariés, le taux de départ étant extrêmement faible (de l’ordre de 2 %).

En 2013, nous envisageons de recruter encore près de 3000 collaborateurs. C’est une croissance considérable, qui impacte d’ailleurs beaucoup Toulouse. En 2012, nous avons ainsi embauché dans cette ville, plus de 1800 personnes. Notre expansion entraîne par ailleurs des conséquences importantes pour les équipementiers, sous-traitants et fournisseurs. On peut considérer que pour chaque emploi interne à Airbus notre activité génère 3 postes dans l’ensemble de la supply-chain.

Quelles sont les principales voies de recrutement ?

Airbus est considéré comme un des employeurs les plus attractifs au monde auprès des jeunes ingénieurs qui constituent notre principale cible de recrutement. Nous enregistrons près d’un million et demi de visiteurs chaque année sur les sites web EADS et Airbus offrant des opportunités de carrière. Nous organisons près de 800 évènements et nous nous rendons régulièrement sur les campus des écoles.

Nous formons par ailleurs des ouvriers au sein du lycée Airbus depuis 60 ans. Nous contribuons à la promotion de ces métiers de production auprès des jeunes. Des compagnons bien formés démarrent dans l’aéronautique  avec une rémunération minimale annuelle brute de 21 500 €.

Mais la montée en puissance de l’activité ne signifie pas seulement des recrutements. En tant que vice-président des ressources humaines en charge de l’emploi, des compétences et de la formation, je suis aussi très préoccupé par le management des compétences et la transmission des connaissances.

Il est essentiel de savoir « capturer » et formaliser les savoirs et savoir-faire de nos salariés pour qu’ils ne se perdent pas lorsqu’ils changent de poste ou partent à la retraite. Airbus investit 100 M€ par an à la formation interne. L’entreprise contribue aussi à l’offre de formation de l’entreprise étendue, autrement dit des sous-traitants de rang 1. Le niveau des compétences est crucial dans la compétition qui nous oppose aujourd’hui  à Boeing, et demain  aux nouveaux compétiteurs brésiliens, canadiens, russes ou chinois.

Vous êtes diplômé d'UT1 Capitole et y intervenez très régulièrement pour des enseignements. Comment voyez-vous son évolution actuelle ?

Diplômé du DESS de « Gestion du personnel et droit du travail », mis en place dans les années 70 par le professeur Michel Despax, j’ai gardé tout au long de ma carrière des liens forts avec l'université qui m’a formé. J’interviens actuellement avec un grand plaisir dans les Master 2 « Droit et Management Social » dirigé par Albert Arseguel et « International Human Resources Management » dirigé par Patrice Roussel, et enseigné en anglais. Proposer ce type de formation est vital. Moi-même j’ai cessé d’apprendre l’anglais au niveau du bac et dû apprendre sur le tas et sur le tard pour être en mesure d’évoluer dans une entreprise qui compte plus de 100 nationalités et dont la langue de travail est l’anglais. Airbus aujourd’hui ne recrute aucun cadre qui ne maîtrise pas l’anglais : les entretiens d’embauche sont d’ailleurs conduits dans cette langue.

Quels débouchés chez Airbus pour des étudiants de Toulouse 1 Capitole ? Quel conseil aux étudiants ?

Chaque année, près de 3000 étudiants dont 1700 en France effectuent un stage au sein de nos équipes, plusieurs dizaines proviennent des universités toulousaines. Outre des compétences techniques et un anglais courant, nous recherchons des diplômés capables de travailler dans des organisations complexes et multiculturelles, d’être innovants, de trouver des solutions pour soutenir et développer l’activité et la performance. La présence des anciens d’UT1 Capitole chez Airbus n’est pas qu’anecdotique, ils sont assez nombreux, tant au service juridique qu’aux ressources humaines. Certains d’entre eux ont connu des parcours remarquables : ainsi l’actuel  DRH d’Eurocopter est un ancien  étudiant de notre université.


Daniel Salvador

Diplômé  du DESS " Gestion du personnel et droit du travail " de Toulouse 1 Capitole, promotion 1978, Daniel Salvador, vice-président Ressources Humaines d’Airbus, est resté fidèle à l’université. Il  intervient régulièrement au sein de deux de nos Masters 2, Droit et Management Social, et International Human Ressources Management


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Interview

 

En chiffres

60 000 salariés 
12 000 recrutements entre 2010 et 2013 
Un turn-over moyen de 2% 
Universit� Toulouse 1 Capitole
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